Nord-Kivu : à travers les Champs Écoles Paysans, le projet FORI renforce la lutte biologique contre les ravageurs du maïs, cas de chenille légionnaire d’automne

Le projet FORI, mis en œuvre par la Coopérative Centrale du Nord-Kivu (COOCENKI) à travers la filière maïs, poursuit son accompagnement des producteurs agricoles des territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu. Après avoir bénéficié de formations sur la fabrication de biopesticides à base de plantes naturelles telles que le piment, l’ortie et le tephrosia, les producteurs sont désormais passés à la phase pratique au sein des Champs Écoles Paysans (CEP), où ils expérimentent le nombre de fois de pulvérisation de ces solutions biologiques par semaine  dans   leurs exploitations agricoles sachant déjà leur efficacité dans cette lutte biologique.

Cette étape s’inscrit dans le cadre de la recherche-action menée par les producteurs agricoles du maïs pour la promotion des pratiques agroécologiques à travers ce  projet FORI-RDC.  . Dans les villages de Lukanga, Maboya et Kabasha, deux protocoles d’expérimentation sont actuellement mis en œuvre. À Maboya et Kabasha, les producteurs évaluent l’effet du nombre de pulvérisations de biopesticides à base d’extraits de piment et de tephrosia sur les attaques de la chenille légionnaire d’automne, principal ravageur des cultures de maïs. À Lukanga, les essais portent sur des biopesticides élaborés à partir de piment et d’ortie afin d’en mesurer l’efficacité contre ce même insecte.

Les premiers résultats observés sur le terrain sont encourageants. Les producteurs disposent désormais d’une alternative écologique pour lutter contre les ravageurs des cultures, notamment la chenille légionnaire d’automne, responsable d’importantes pertes de rendement dans les champs de maïs.

À Kabasha, Masika  Aldegonde , productrice de maïs, témoigne des effets constatés après l’application du biopesticide.

« Dans ma main, j’ai des chenilles légionnaires que je viens de ramasser. Après l’application du biopesticide, nous avons constaté que ces insectes ont quitté leurs cachettes sur les plants, preuve que le produit agit efficacement contre eux », explique-t-elle.

À Lukanga, Bienfait Molo, agronome et producteur, partage également son expérience avec les autres agriculteurs lors des séances pratiques. Selon lui, l’utilisation régulière des biopesticides a permis de réduire les attaques des ravageurs et d’améliorer sensiblement la production de maïs.

À Maboya, la jeune productrice Kavugho Neema se réjouit également des connaissances acquises grâce au projet. Elle affirme vouloir appliquer de manière régulière les techniques apprises afin d’améliorer durablement ses récoltes.

Les biopesticides utilisés dans ces expérimentations sont fabriqués à partir de plantes naturelles, principalement le piment, l’ortie et le tephrosia. Lors de la pulvérisation, une petite quantité de savon bleu est ajoutée afin de favoriser l’adhérence du produit sur les feuilles et d’en accroître l’efficacité.

Il convient de rappeler que le projet FoRi est mis en œuvre par la COOCENKI, le SYDIP, la LOFEPACO et la FOPAC-NK dans le cadre de la promotion des innovations participatives en agroécologie au Nord-Kivu. Le projet intervient dans les filières du maïs, de la pomme de terre et du riz, avec l’appui technique et financier du CSA/ASBL en République démocratique du Congo.

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