PASA-NK: La COOCENKI accompagne les paysans avec semences certifiées

Le centre de collecte de Katemba construit dans le cadre du projet PASA-NK, où est stockée et vendue la semence ZM 625 produite par l’agri multiplicateur bénéficiaire du projet PASA-NK et membre de l’OP COOPADERU
Le centre de collecte de Katemba construit dans le cadre du projet PASA-NK, où est stockée et vendue la semence ZM 625 produite par l’agri multiplicateur bénéficiaire du projet PASA-NK et membre de l’OP COOPADERU.La relance agricole prend forme dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Trois champs semenciers de maïs R1 de ZM 625 et ZM 627ont été installés grâce au Projet d’Appui au Secteur Agricole au Nord-Kivu (PASA-NK), mis en œuvre par la Coopérative Centrale du Nord-Kivu (COOCENKI).
À Kinyandonyi, Kahunga et Tongo, des coopératives locales ont produit pour la première fois des semences de qualité certifiées, une avancée importante pour une zone longtemps fragilisée par les conflits.Comprendre le processus : de la production de semences « Base » à l’installation des champs à RutshuruLa COOCENKI s’est approvisionnée auprès du Centre International pour l’Amélioration du Maïs et du Blé « CIMMYT » du Zimbabwe en semences de maïs « Prélasse » pour la production de semences de maïs de « Base » en station, avec la collaboration du Centre de Recherche de l’UCG-Butembo, sous le contrôle et la certification du SENASEM/Nord-Kivu. Au cours de la saison A2025, elle a produit 159 kg de semences de maïs certifiées « Base », qui ont servi à installer les champs semenciers pour la saison B2025 à Rutshuru, pour la production de la semence de maïs R1. 0,5 ha ont été installés à la station de CAPSA Luotu pour cette saison B2025 de ZM 625 et ZM 627, pour la production de semences qualifiées de « Base » et de « R1 ».

Mme Marcelline KAVIRA, membre de la COOPADERU, traite sa récolte au centre de collecte de KATEMBA
Trois hectares pour lancer le projet
Au total, trois hectares de champs semenciers R1 de maïs ZM 627 et ZM 625 ont été cultivés : un à Kinyandonyi pour l’agri multiplicateur de l’OP COOPAKIRU (variété ZM 627), un à Kahunga pour l’agri multiplicateur de l’OP COOPADERU (variété ZM 625) dans le groupement Bukoma et un à Tongo pour l’agri multiplicateur de l’OP COOP-RPCA (variété ZM 627) pour la saison B 2025. Ces agris multiplicateurs comprenant 2 hommes et une femme, ont bénéficié de 30 kg de semences de base par hectare.

Champ semencier de maïs R1 installé par la COOCENKI à Luotu
Le projet ne s’est pas limité à fournir les intrants. Il a assuré un encadrement technique permanent, avec des agronomes déployés sur le terrain et des inspections régulières du SENASEM, le service national en charge du contrôle et certification des semences. Un centre de collecte et de stockage a aussi été mis en place pour faciliter la conservation et la commercialisation des récoltes.
À Kahunga, Mme Marcelline Kavira, membre de la coopérative COOPADERU, a récolté 2 520 kg sur son hectare, semences de qualité certifiée de la première génération(R1) R1.
« Malgré quelques difficultés, nous avons réussi. Pour nous, c’est une fierté de produire localement des semences que nos voisins achètent déjà », confie-t-elle.
À Kinyandonyi, M. Faustin Dusabe, président de la coopérative COOPAKIRU, parle d’un résultat « historique » : 3 120 kg de semences de qualité certifiée de première génération (R1) récoltées sur un hectare. « L’accompagnement du projet et le suivi de SENASEM ont tout changé. Les membres de notre coopérative sont les premiers acheteurs de cette semence. J’ai déjà vendu plus de huit sacs de semence dans moins d’un mois. Ça promet vraiment. », explique-t-il.
Des revenus et un impact direct
La saison agricole B2025, en cours au moment de la rédaction de cet article, voit déjà la vente locale des semences produites. Les paysans engagés dans l’expérience ont engrangé des revenus évalués à plusieurs millions de francs congolais.
Dans une région où l’économie rurale reste fragile, ce gain est significatif. Il permettra d’améliorer les conditions de vie des familles, mais aussi de relancer la culture du maïs dans les villages voisins grâce à l’accès à une semence de qualité certifiée et disponible sur place.
Des défis sécuritaires persistants
Le succès n’a pas effacé toutes les difficultés. L’insécurité reste une menace constante pour les agriculteurs de Rutshuru. Les routes abîmées compliquent l’acheminement des intrants et des récoltes. Les intrants complémentaires, comme les engrais, ne sont pas toujours accessibles. Mais pour les producteurs rencontrés, ces obstacles n’annulent pas l’élan nouveau. « C’est la première fois que nous voyons une telle organisation autour de la semence », souligne un membre de coopérative de TONGO que nous avons eu au téléphone.
Une graine d’avenir
Le projet PASA-NK, financé par le FIDA, l’État congolais et les bénéficiaires eux-mêmes, vise à renforcer la sécurité alimentaire au Nord-Kivu. L’expérience de Rutshuru montre que même dans une zone en crise, il est possible de bâtir une dynamique agricole durable. Pour les paysans comme Mme Kavira, M. Dusabe, et BIZOZA, la semence n’est plus seulement une matière première, mais un levier d’espoir et de résilience pour le développement agricole durable et profitable.